Portrait de Gaultier Mermet, assistant réalisateur

[10 ANS DÉJÀ] : Parce que les intervenants de Factory font aussi partie des talents de notre école, on a voulu en savoir plus sur eux. Aujourd’hui, c’est Gaultier MERMET, assistant réalisateur et intervenant dans les filières Chargé de production et Réalisateur qui répond à nos questions.

Bonjour Gaultier, et merci de vous prêter au jeu de cette interview. Depuis combien de temps travaillez-vous à FACTORY et quelles sont les spécialisations que vous enseignez ?

La première fois que j’ai mis un pied à FACTORY, c’était en 2012. Je participais, en tant que membre d’un jury, à l’évaluation des projets de 2e et 3e année. Je suis arrivé en tant que réel intervenant à la rentrée 2013. J’avais déjà donné des cours à la fac plusieurs années auparavant, et ça m’avait intéressé. Avec un autre ami, Yohann NURIER, également intervenant à Facto, nous avions envie de partager notre passion et d’enseigner nos métiers. Lui, en tant que chargé de production, et moi, en tant qu’assistant réalisateur.
J’enseigne donc à la fois à la filière Réalisateur, mais principalement à la filière Chargé(e) de production.

Quel est le métier que vous exercez en parallèle de votre rôle d’intervenant ?

Cela fait 14 ans que je suis assistant réalisateur. Il y a plusieurs échelons sur ce métier, et on peut en occuper des différents selon les projets. J’ai commencé en tant que 3e assistant réalisateur pendant 5 ans, puis je suis passé 2e assistant. Aujourd’hui, je suis 1er assistant sur des formats courts, principalement sur de la publicité. Au début, ce n’était que de la pub TV, mais depuis quelques années c’est majoritairement de la pub web, qui a une aura plus grande et des budgets un peu plus conséquents.

La dernière en date ?

C’était pour OnlyLyon, une publicité diffusée sur leur site, mais aussi dans des salons internationaux, ou dans des aéroports…
En parallèle, je reste également deuxième assistant réalisateur sur des longs métrages, des téléfilms et certaines séries TV. Ce n’est pas du tout le même métier.
Lorsque j’interviens avec mes élèves, je peux couvrir un spectre assez large, puisque je peux leur expliquer les 3 métiers (1er, 2e et 3e assistant).

J’ai envie de vous demander les caractéristiques des 3 postes mais j’imagine que les réponses vont être trop longues pour le format de l’interview ?

Oui, exactement ! [rires]

Comment trouvez-vous vos projets en tant qu’intermittent ?

Ça se fait au fur et à mesure. On se compose un carnet d’adresse au fil des projets.

Pourquoi avez-vous choisi FACTORY pour transmettre votre savoir ?

C’est à la base un mélange de hasard et de volonté d’enseigner mon métier. Je crois aussi que c’est de famille car ma mère était enseignante. Elle m’a sans aucun doute transmis cette volonté de pouvoir communiquer et partager. J’avais déjà donné des cours en tant qu’étudiant vacataire à l’Université Lyon 2 via une plateforme internet. C’était totalement différent de ce que je fais à FACTORY, mais le fait de transmettre mes connaissances m’avait vraiment plu.
L’autre raison, c’est que lorsqu’on est intermittent et qu’on vadrouille toute l’année, loin de chez nous, on a tendance à vouloir se poser un petit peu à certains moments. Donner des cours me permet d’avoir une vie un peu plus « routinière », une base fixe qui me fait du bien de temps en temps.
Je ne connaissais pas FACTORY à la base, c’est un ami, Thomas BESSON, intervenant à Facto dans la filière Ingénieur du son qui m’en a parlé, et ça m’a tout de suite fait écho. Je me suis dit que ça me plairait. Il m’a expliqué le fonctionnement de l’école et j’ai trouvé que le concept était vraiment intéressant parce que la plupart des écoles dont j’avais connaissance formaient plutôt des techniciens. Or, sur les tournages, on rencontre de plus en plus de techniciens qui n’ont pas un regard très développé sur l’artistique, et donc trop éloigné de l’essence première du 7e art.
FACTORY est dans ce « créneau » qui permet de développer ce côté artistique, et c’est pour moi autant, voire plus important que la technique.

Avez-vous une anecdote à raconter, qui a marqué vos années dans l’école ?

C’était pendant une de mes premières interventions. On a bossé pendant une semaine sur la prépa d’un exercice de tournage. J’avais sélectionné un court métrage avec un scénar un peu basique mais qui se prêtait bien à l’exercice. Mes étudiants étaient à fond car c’était un de leurs premiers projets dans l’école, et je ne savais pas si ça allait marcher car je n’avais pas encore vraiment de recul sur ma pédagogie. On a pratiqué pendant 3 jours. À la fin, j’ai fait en sorte qu’on termine une demi-heure en avance pour qu’on puisse regarder le court métrage.
Au visionnage, des étudiants m’ont dit « Mais c’est trop nul » en parlant du scénario ! Ils étaient tellement la tête dans le guidon qu’ils avaient finalement réussi à oublier que le scénario était complètement bidon. Cela m’a fait rire. On a quand même réussi à rendre intéressant, par le projet, un sujet qui ne l’était pas ! [Rires]

Enfin, si vous deviez donner un conseil à vos étudiants ?

Ce serait de participer au plus grand nombre de projets à partir du moment où ils mettent un pied dans l’école. Ils doivent aussi se faire rapidement un carnet d’adresse, ne pas se comporter comme des étudiants lambda mais davantage comme des pros. Cela inclut ponctualité et fiabilité. Faire ce qu’on dit, sans le bâcler. Respecter sa parole aussi, c’est important.