• Affiche Noces de Sang

Interview Anthony Rodriguez – Noces De Sang

Anthony Rodriguez étudiant en 3 ème année Réalisateur nous parle de son projet de fin d’études. 

Il nous présentera sa pièce de théâtre les 24, 25 et 26 août à Factory au Grand Studio ! Pour plus d’informations rendez-vous sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/events/390642958572028/

  • Bonjour Anthony, de quoi parle la pièce de Federico GARCIA LORCA que tu mets en scène ? Pourquoi avoir choisi une pièce de théâtre pour ton projet de fin d’études ?  

Anthony : “ NOCES DE SANG esquisse un microcosme rural, un abrégé du monde, à bout de souffle par les traditions, les moeurs et gangréné par l’honneur et la raison où l’amour est totalement proscrit.
C’est l’éloge du chaos et de la passion, l’éloge d’un désir viscéral et sincère au détriment d’une envie précaire et stérile. Les corps sont emplis de douleurs et en proie à leurs passions.
J’ai choisi une pièce car je pratique le théâtre depuis l’âge de sept ans. Il m’interroge beaucoup sur le rapport au réel et au monde, c’est le « lieu d’où l’on voit ». Je maitrise mieux les outils du spectacle vivant que ceux du cinéma.

  • Noces De Sang a été créée il y a 87 ans. Pourquoi avoir décidé de la reprendre aujourd’hui ? 

Anthony : “  Je monte cette pièce car le contexte de création, le destin de l’auteur et son travail m’interpellent beaucoup. LORCA est un artiste qui a une immense verve poétique ! Son oeuvre exprime, pour moi, quelque chose de très viscéral et sincère dans le sentiment et le regard sur les choses. D’ailleurs, il envisageait son travail comme un moyen de découvrir et de connaitre mieux le monde.
Cette oeuvre me convoque aussi par la violence des rapports humains et les intérêts de chacun qui les poussent à agir. Comme en témoigne l’une des répliques de la Fiancée : « Je me marie avec lui parce que je ne l’aime pas. »

  • As-tu rencontré des difficultés tout au long de la préparation de ta pièce ? 

Anthony : “  Oui bien sûr, déjà sur ce que je veux. Ce projet a été un grand exercice pour formaliser mes idées, les structurer et rendre un tout lisible.
Au début, on ne sait pas forcément ce que l’on veut faire. On sait qu’il y a une envie de monter cela, de travailler mais le pourquoi vraiment, au début on ne le sait pas, la réponse vient en faisant.

  • Quelles réactions souhaites-tu susciter chez les spectateurs ?

Anthony : “ Je ne sais pas. En tout cas, à contrario de la société de consommation, je souhaite montrer aux spectateurs ce qu’ils n’ont pas l’habitude de voir, apporter un regard différent sur cette oeuvre, de faire du quotidien quelque chose d’étonnant, le sublimer.
Toucher les gens ? Je ne sais pas, non plus. Mais en tout cas, il faut qu’il se passe quelque chose en eux, si rien ne bouge c’est inutile !

  • Plus largement, y-a-t-il un auteur de théâtre qui t’inspire particulièrement ?

Anthony : “   Non. Ce qui me touche c’est la poésie, des oeuvres qui vous donnent à voir bien au-delà de la simple perception factuelle. Ce qui m’intéresse surtout, c’est le travail de l’artiste, du poète, le conflit qu’il va générer ; la qualité du rapport qu’il entretien avec le monde, le réel et le langage.
LORCA a dit une chose très belle : « Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c’est le mystère de toutes choses. »

  • Peux-tu nous en dire plus sur tes projets après Factory ?

Anthony : “  Après Factory, je souhaite continuer à travailler la mise en scène et aborder la scène par le jeu, donc m’essayer en tant que comédien ; trouver comment je veux travailler et me découvrir aussi.