Portrait de Luis Da SYLVA, régisseur son

 septembre 14, 2018
[10 ANS DÉJÀ] : Aujourd’hui, la parole est donnée à Luis Da Sylva, régisseur son et machino, ancien étudiant de la formation d’Ingénieur du son, promo 2013-2014.

Bonjour Luis, peux-tu nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Luis Da SYLVA et j’ai 27 ans.
J’ai commencé par un bac L, suivi de deux ans de fac d’histoire géo où je travaillais en parallèle comme agent d’accueil au Théâtre des Célestins.
À 21 ans, j’ai fait une licence de cinéma dans le 8e arrondissement de Paris avec option son. C’est d’ailleurs un prof de sound design de cette licence qui m’a conseillé FACTORY pour le département son.
Je suis donc revenu à Lyon en 2013 et j’ai bossé pendant deux ans en tant que cuisto et au catering des Nuits de Fourvière pour pourvoir financer mon cursus à Factory.
Quand j’ai fini Facto, j’ai enchainé 3 stages, dont un mois sur le plateau des Nuits de Fourvière et un mois au Radiant Bellevue à Caluire. Pendant ce stage, j’ai repris contact avec le régisseur du Théâtre des Célestins, ce qui m’a permis d’enchaîner un troisième stage au centre culturel de Vaulx-en-Velin.
Le lendemain de la fin de ma convention, ils m’ont embauché en tant que salarié, et j’ai fait mon premier montage son.
Aujourd’hui, mon travail est divisé en plusieurs compétences : je suis régisseur son au Théâtre des Célestins, ce qui consiste à être en charge de toute l’installation son et de tout l’accueil son des deux salles. Je travaille aussi au Radiant Bellevue je fais de la machinerie et en renfort en son de temps à autre.
Je fais également de la prestation sur des gros événements type grosses soirées électro à Eurexpo, au Double Mixte et à quelques endroits à Paris quand l’occasion se présente.
Enfin, je fais de la « régie-face » au centre culturel de Vaulx-en-Velin. Je travaille aussi au conservatoire de Vaulx-en-Velin, en musique actuelle amplifiée en régie face.
Enfin, pour mon plaisir, je fais de l’accompagnement d’artistes en musique. Je ne suis pas payé pour ça, mais mon but est de pouvoir devenir leur technicien pour leurs futurs concerts.

Si tu devais qualifier Factory en 3 mots, lesquels choisirais-tu ?

[Sourire]
Alors je vais plutôt donner 3 mots pour la formation d’ingénieur du son et 3 pour l’école car je vois vraiment une différence entre l’école et la formation son en elle-même.
Pour ce qui est de la formation son, je dirais COMPLÈTE, HUMAINE, ET… EFFICACE. C’est vraiment une super formation. Je pense que c’est une des meilleures de France. Le corps professoral est en béton armé !

Comme qui par exemple ?

Tous ! Louis MOLINA, Florian BIGUET, Thomas BESSON, Stéphane PIOT, Jonathan VERNE, il n’y a rien à jeter ! Ce ne sont que des pointures, des personnes qui ont énormément travaillé, qui ont une vraie vision du son. Ils ne voient pas uniquement l’aspect technique, ils ont une approche humaine et sensible, c’est ce qui fait la différence par rapport à plein d’autres gens que j’ai vu en son. Beaucoup sont des supers techniciens mais qui n’ont pas forcément un super état d’esprit humainement parlant. Moi qui ai choisi une autre voie que celle du cinéma et qui suis parti directement en plateau live, c’est clairement mon aspect humain et ma sensibilité qui a fait que je me suis démarqué. Et ça, c’est clairement des qualités que j’ai acquises là-bas.
Pour l’école en elle-même, je dirais “frustrant”, car euh… [rires] c’est une petite école et tout le monde ne peut pas être au four et au moulin. J’ai dû apprendre à me débrouiller tout seul et ça n’a pas toujours été évident. En tout cas ça m’a fait grandir. Le deuxième mot : “Aranaud Deparis”. Je pense que ça vaut la peine d’aller à Factory juste pour avoir cours avec ce monsieur, pour le connaître et pour le comprendre. Moi, ça m’a ouvert le cœur et l’esprit de bosser avec lui. Ça m’a apporté beaucoup, beaucoup de choses : une curiosité au niveau artistique, une façon particulière de voir le monde, de critiquer, d’apprendre, de consommer l’art et la culture… Ce mec est une pépite.
Comme toi, il sera interviewé prochainement. Et ce sera publié sur le site et les réseaux sociaux de Factory.
Eh bien vous allez bien vous marrer ! [Rires]
Le troisième mot, je dirais VALORISANT. De la frustration naît aussi l’apprentissage. Il faut que l’on arrête de toujours vouloir avoir un retour sur ce qu’on fait… on ne le fait pas pour les autres mais pour soi, et ça, ça fait grandir. Ça aide à se détacher et à passer du statut d’étudiant lambda au statut de vrai professionnel. Dans le milieu du cinéma, on n’aura pas forcément cette reconnaissance qu’on voudrait et il faut savoir s’en détacher, surtout en post-production, où le travail est très intense et pas forcément toujours mis en valeur.

En 5 lignes, quel est le plus beau projet / souvenir que tu gardes de tes années Factory ?

[Réflexion…]
Tu ne trouves pas ?
[Rires] Si, si justement y’en a plein, le problème c’est que je ne pourrai pas citer qu’une seule chose, c’est plein d’actions qui se sont enchaînées… une suite d’actions ponctuelles… Par exemple, le fait de faire des films c’était en soi un truc super, tu vois.
On a eu des expériences très différentes en fonction des projets. Il y a eu des films tous pourris sur lesquels on a vraiment galéré, et où on savait d’avance que ça allait être compliqué. Puis d’autres films où on y a vraiment cru, où il y avait une vraie dynamique. Dans tous les cas, l’aventure humaine sur les tournages, avec les profs, c’était vraiment cool. Le fait de pouvoir rencontrer des gens différents, de l’école ou de l’extérieur, et aussi le fait d’être à taille humaine et de faire partie du Pôle Pixel, le fait qu’il y a une vraie cohésion entre les étudiants… Tout cela rend l’expérience très riche.
Puis je vais me répéter, mais encore une fois le corps professoral est pour moi la meilleure chose que je retiens de mon expérience. Honnêtement, si j’avais pu continuer de suivre des cours de mes intervenants IS (ingénieur du son) à Facto pour encore approfondir, je l’aurais fait sans hésiter.

Selon toi, qu’est-ce qui différencie Factory des autres écoles de cinéma ?

Déjà, le fait que ce soit une petite école et pas une « grosse machine » a fait la différence. Je l’avais senti en allant aux journées portes ouvertes. Je n’avais pas tellement bien vécu la fac, avec ses milliers d’étudiants et les cours partout. À FACTO, on avait vraiment des repères et on voyait tout le temps les mêmes personnes. Malgré les quelques différends que nous avons eu avec la direction – on était une promo un peu rebelle – [rires], je suis allé les voir pour leur dire que c’était grâce à eux que j’en étais là où j’étais, et je les ai remerciés.
Concernant la formation d’ingénieur du son, je pense que ce qui différentie pas mal Factory d’autres écoles, c’est vraiment la sensibilité et le côté humain. On m’a appris, à écouter mon travail, et à m’auto-juger. « Est-ce que j’aime ce que j’ai fait ? ». Et maintenant que je commence à faire mes premières régies face (live en face) je vois bien que c’est ce qui me différencie d’autres techniciens que je croise. J’ai une bonne sensibilité, et ça, c’est encore une chose qui m’a été donnée par Stéphane PIOT, Jo VERNE, Thomas BESSON. Ils m’ont vraiment appris à m’écouter. Je pense que c’est une vraie valeur ajoutée.

Quels conseils donnerais-tu aux étudiants de Factory pour réussir dans leur(s) projet(s) d’avenir ?

Je pense qu’un étudiant à Facrtory ne doit pas avoir peur de beaucoup travailler. Il faut vraiment avoir envie, être passionné et motivé. Ne pas avoir peur de faire des heures. Il faut beaucoup de persévérance, et ne rater aucun cours d’Arnaud Deparis ! [Rires]
Pour ma formation, je pense qu’il faut savoir jouer avec son égo. En avoir suffisamment pour se battre et s’imposer, et à la fois savoir le mettre de côté. Par exemple, il peut arriver de ne pas forcément sentir la reconnaissance de son travail. Contrairement à ce que l’on croit, et au-delà de l’aspect technique, être Ingénieur du son nécessite une grande part de créativité. Le son, joue un rôle essentiel dans un film et il peut arriver qu’il ne soit pas mis correctement en valeur, dans le générique par exemple. Alors que sans le son, le film n’est rien. Il faut aussi savoir accepter les critiques et garder la tête froide.
Niveau professionnel, il faut prendre son téléphone et appeler. Alimenter cette envie de se vendre partout et garder cette dynamique. Devant les professionnels, toujours rester humble et humain. Ne pas être victime de ses humeurs peut faire vraiment la différence. Se mettre dans une bonne dynamique physique et mentale et savoir gérer son énergie.